Strophes pour se souvenir - l'Affiche rouge
- fardoise07
- 22 févr.
- 2 min de lecture
Le 21 février 1944 les 23 membres du groupe Manouchian appartenant aux FTP-MOI, sont fusillés au fort du Mont-Valérien.

les résistants des FTP-MOI du groupe Manouchian - Article de France Culture à propos de la panthéonisation de Missak Manouchian le 21 février 2024
"Survivant du génocide arménien, apatride, militant communiste et poète, célébré par Aragon et Léo Ferré, Missak Manouchian incarne la contribution des étrangers dans la lutte contre l’occupant nazi." Son réseau était constitué de réfugiés politiques,

le monument commémoratif apposé à Valence au cœur du quartier arménien en hommage à Missak Manouchian, et à ceux qui sont morts pour la France ce jour là à ses côtés, une plaque porte leurs noms, accompagnée d’une sculpture de Toros -Toros sur Wikipedia
Avec la fameuse "affiche rouge" l'occupant allemand jouait sur le fait que ce commando était constitué "d'étrangers", communistes de surcroit, et les présente comme des criminels pour annoncer leur mort, et semer la peur.
"Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants"
C'est aussi le titre qu'Aragon va donner au poème qu'il écrit en hommage aux combattants de l'ombre, et qui est inspiré par la lettre que Missak va écrire depuis la prison de Fresnes, quelques heures avant l'exécution.

la lettre de Missak à sa femme Mélinée - museemrjmoi.com/
“Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus.” Les mots de Missak résonnent toujours en nous grâce à Aragon qui en a repris l'essence dans son poème, mis en musique par Léo Ferré.
Parmi toutes les interprétation de ce chant, j'ai choisi celle du groupe Feu! Chatterton lors de la cérémonie de l'entrée au Panthéon, bien tardive, de Missak Manouchian et de son épouse,
La poésie avait déjà immortalisé ces partisans :
"Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant."
Il ne restait plus que la reconnaissance de la Nation pour effacer les relents de trahison qui entachent la mémoire, toutes ces lâchetés que cette période noire de notre histoire a pu générer. Voir l'article de France Culture.
Nous ne savons pas ce que, nous, aurions pu faire, ou ne pas faire, et cela devrait nous rendre encore plus admiratifs et reconnaissants envers ceux qui ont sauvé l'honneur du pays qui les avaient accueillis.




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