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De la protection animale - la S.P.A. et la vivisection, une histoire en parallèle.

  • fardoise07
  • 14 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 déc. 2025

La SPA fête ses 180 ans :

"Le 2 décembre 1845, Parisot de Cassel reçoit chez lui un groupe d’hommes soucieux du sort des chevaux. Parmi eux, des militants sont présents comme Etienne Pariset, Camille Paganel, Henry Blatin. C’est au cours de cette soirée que la Société Protectrice des Animaux voit le jour, après des heures de discussions autour des animaux. Le docteur Etienne Pariset, parisien de 73 ans, est élu président de l’association et le docteur Dumont de Monteux est désigné pour rédiger les statuts."

Les dix-huit pionniers de l’association, Etienne Pariset en tête, sont reçus le 31 janvier 1846 par le préfet de Police Delessert pour présenter les 29 articles des statuts. L’acte de création de la SPA est rendu public le 3 avril 1846.


L'origine : "Un jour de septembre 1843, le docteur Dumont de Monteux assiste depuis sa voiture en plein Paris à une scène qui le laisse écœuré : un charretier malmène un cheval attelé à une carriole de marchandises qui ne souhaite plus avancer. Il lui donne des coups de pieds sur les pâturons et le cogne avec le manche de son fouet. Le docteur intervient auprès du charretier pour le faire cesser. À la suite de cet incident, il adresse une lettre à Gabriel Delessert, préfet de police de Paris, et la fait publier dans La Rédaction Agricole.

Le 5 octobre 1843, le préfet signe un arrêté qui, sous peine de sanctions immédiates, interdit désormais aux cochers et aux charretiers de frapper les chevaux avec le manche de leur fouet."

Site de la S.P.A.


Mais, en parallèle, à Paris aussi, Claude Bernard, éminent médecin, poursuit ses recherches. Elles passent par la vivisection et il en fera un incontournable de la recherche médicale.


Claude Bernard (1889) par Léon Lhermitte.

Cette toile de 1,80 m x 2,82 m est exposée à l'Académie nationale de médecine.

On devine qu'il dissèque un animal. Wikipedia


Si vous lisez l'article que Wikipedia lui consacre, ou plutôt que certains contributeurs lui consacrent, on ne parle que de ses apports à la recherche médicale, reconnus, célébrés, et de nombreux lieux associés au médical, ou non, portent son nom. Mais lorsqu'on cherche un peu plus loin, on ne peut ignorer qu'il menait ses expériences sur des animaux vivants et non anesthésiés, car cela aurait pu compromettre les résultats.



"Il est essentiellement moral de faire sur un animal des expériences quoique douloureuses et dangereuses pour lui, dès qu’elles peuvent être utiles pour l’homme.

Le physiologiste n’est pas un homme du monde, c’est un savant […] il n’entend plus les cris des animaux […] il ne voit que son idée […] et n’aperçoit que des organismes qui lui cachent des problèmes qu’il veut découvrir."








En haut, la tête d’un lapin dont les oreilles sont soudées dans leur partie distale. En bas, rats à trompe (pétrodromes). Extrait  du « Cahier rouge », de la main de Claude Bernard.




"Tous les animaux peuvent servir aux recherches physiologiques parce que la vie et la maladie se retrouvent partout le résultat des mêmes propriétés, et des mêmes lésions, quoique les mécanismes des manifestations vitales varient beaucoup. Toutefois les animaux qui servent le plus au physiologiste sont ceux qu’il peut se procurer le plus facilement, et à ce titre il faut placer au premier rang les animaux domestiques, tels que le chien, le chat, le cheval, le lapin, le bœuf, le mouton, le porc, les oiseaux de basse-cour, etc.

Il utilisera une quantité d’autres animaux à sa portée, moineaux, hérissons, et comme ses contemporains, assez peu le rat et pas du tout la souris, si l’on se réfère aux notes de son carnet de laboratoire."

Toutes ses expériences étaient-elles rigoureusement scientifiques ? Il est permis d'en douter. Il affirmait lui-même « qu’il n’y a jamais de mauvaises expériences ». Ainsi :

« 1° Couper la moelle épinière ;

2° Refroidir directement l’animal en l’exposant à l’action d’un milieu réfrigérant ;

3° Immobiliser l’animal pendant un temps suffisant ;

4° Enduire l’animal d’une couche de vernis imperméable ;

5° Soumettre l’animal à des mouvements de balancement.

Pourquoi ? Par exemple "pour mesurer la température de deux muscles, un en contraction et l’autre pas, il broie le ganglion thoracique pour mesurer la température de l’oreille et de la patte antérieure du côté concerné, etc."

Dans ses expériences sur la chaleur, il a littéralement fait "cuire" des animaux vivants,



Ses expériences lui vaudront le désaveu de sa famille, notamment à cause de son utilisation des chiens. Mais, la société dans son ensemble, ne rejette pas sa démarche. En France, il faudra attendre" la convention STE123 du Conseil de l’Europe de 1985 et de la directive86/609/CEE (décret 87-848 du 19 octobre 1987, décret 2001-464 du 29 mai 2001, décret 20016486 du 6 juin 2001)" pour que la souffrance des animaux de laboratoire soit simplement encadrée.


Les deux articles que j'ai consultés sur ce sujet :

"Claude Bernard et l’origine de l’expérimentation animale moderne" Hélène Mendes dans Journal Openedition

"La vivisection de Claude Bernard pour les Leçons sur la chaleur animale" La Terre d'abord


Je n'ajouterai aucun commentaire "moralisateur", les faits parlent d'eux-mêmes et justifiaient alors, la création de la Société Protectrice des Animaux.

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