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"Veuve Noire" Michel Quint

  • fardoise07
  • 17 déc. 2024
  • 2 min de lecture

Le roman "historique" est un genre qui n'est pas toujours facile. L'une des difficultés : présenter les personnages, l'époque, sans en faire un inventaire fastidieux. Michel Quint réussit ce tour de force  avec brio. Et comme il s'agit d'une intrigue policière, il nous tient en haleine jusqu'à la toute fin où tout finit par se révéler. 

Veuve Noire Michel Quint Ed l'Archipel 2013



Nous entrons d'emblée dans l'époque avec, en préambule, un épisode qui se déroule en parallèle de la Grande Guerre, épisode qui trouvera son éclaircissement dans le cours du roman. Mais l'histoire c'est celle de Léonie Rivière, pas à proprement parler "veuve" car son mari fait partie des nombreux disparus au Chemin de Dames. Noire, elle ne l'est pas non plus, plutôt vivante, et bien vivante. D'une vie plutôt aisée de son mariage il ne lui reste plus qu'un appartement dans Paris et des relations dans les milieux de la culture. Elle choisit de vivre de sa plume en devenant journaliste sous le nom de Lys de Pessac. Et c'est tout le Paris de l'après guerre qui revit sous celle de Michel Quint (si l'on peut encore parler de plume de nos jours). 

L'intrigue se noue autour d'une histoire de trafic de tableaux, et même de faux poèmes. Depuis les obsèques d'Appolinaire, jusqu'au dénouement dans un atelier d'artiste, tout le milieu artistique parisien sert de toile de fond. Mais pas seulement, sous jas-centes, les préoccupations de l'après guerre, le rationnement, la difficulté de retrouver sa place dans une société qui a profondément souffert, la libération des femmes, la détresse des hommes dont peu sont revenus intacts. Une époque si profondément charnière de notre histoire. Et pourtant les décideurs ont choisi d'ignorer cette possibilité de gestation pour se refermer sur la sécurité du coutumier.

"Et puis les élections législatives se déroulent enfin, en novembre, les 16 et 30, pile un an après l'armistice... On croit qu'on peut revenir à 14, nier que la guerre a épuisé l'Union Sacrée, nier la guerre par la victoire. C'est la chambre bleu horizon. Celle qui, justement, n'a aucun horizon."


En exergue de l'histoire des personnages, s'écrit la "grande" histoire, la signature de l'armistice, l'attentat contre Clemenceau... et même l'affaire Landru, viennent s'immiscer dans l'intrigue. Michel Quint sait admirablement nous plonger dans l'ambiance de l'époque, au point que l'on croirait le livre écrit à l'époque même. Sauf, que bien entendu, sur le moment il aurait été impossible d'ajuster ensemble des évènements si dissemblables. Mais cela ne gâche rien de le savoir.

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