Une armée d'argile
Dernière mise à jour : 23 mars
Lorsque des paysans chinois qui creusaient un puits découvrent les premiers soldats d'argile se sont-ils doutés qu'ils participaient à l'une des plus fabuleuses découvertes archéologiques du XXème siècle, voire de tous les temps ? Le mausolée de l'empereur Qin se compose d'un tombeau entouré de plusieurs fosses éloignées de plusieurs kilomètres et contenant plusieurs milliers de statues d'argile plus grandes que nature, toute une armée de soldats et de chevaux. Plus loin, plus tard, d'autres fosses ont été découvertes plus récemment, la fosse dite aux" juges" contenant des notables, la dernière mise à jour contient des musiciens. On peut supposer donc que cet empereur du IIIe siècle était entouré de toute sa cour et de son armée. On peut supposer donc que cet empereur du IIIe siècle était entouré de toute sa cour et de son armée.

La fosse aujourd'hui transformée en musée achevé en 1979
Plusieurs siècles après la nécropole d'Ur, voir article ICI, cet empereur chinois, contrairement aux rois de Chaldée, n'a pas sacrifié les hommes et les femmes de son entourages, il s'est entouré de symboles. Ces sacrifices rituels étaient alors fréquents, l'armée d'argile y a-t-elle vraiment mis fin ?
Les fosses 1, 2 et 3 contenaient quelque 8000 statues de soldats, fantassins principalement, des chevaux et des cavaliers. Des statues d'argile cuite de 1.80 à 2 mètres de haut, très expressives, chacune étant différente des autres. Tous portaient une arme de bronze recouverte d'une fine couche de chrome, la plupart ont disparu, après pillage ou enlevées par les archéologues.
La tombe elle-même est distante des fosses de plus d'un kilomètre, enfouie sous une pyramide de plus de 100 mètres de haut, entourée de plusieurs enceintes et protégée par des pièges. Elle serait richement décorée et n'a pas été fouillée, notamment à cause des pièges, mais surtout parce que les archéologues sont soucieux de ne pas endommager son contenu. L'empereur serait entouré de 48 concubines enterrées vivantes avec lui, preuve de la survivance d'anciens rituels.

Les statues aujourd'hui dépourvues de la laque qui les décorait (*)
Cette nécropole témoigne de rites funéraires anciens pratiqués dans des régions du monde différentes, éloignées, pas pas tant que cela. On sait que dès l'Antiquité l'Orient et le Proche Orient étaient en relation, déjà à l'époque d'Ur, car les Mésopotamiens importaient leurs denrées précieuses d'Asie. Les sacrifices ne concernaient pas que les animaux, mais déjà les substituts remplacent les humains. Cela se pratiquait déjà en Égypte, où les statuettes symbolisation de l'entourage du défunt l'accompagnaient dans son voyage pour l'éternité.
Cette armé de "terracotta", pour reprendre le terme anglo-saxon, témoigne aussi de la richesse d'une civilisation qui avait su atteindre une très grande qualité artistique, même si ce n'est pas ce qui était recherché en premier. Un très grand souci du détail, une virtuosité technique de la part de plusieurs ateliers et de plusieurs centaines de milliers d'artisans qui ont confectionné les différents éléments assemblés ensuite sur place. Les ouvriers qui ont travaillé dans les tombes ont eux été inhumés sur place pour garantir le secret.
Illustrations et principale source d'information : Wikipedia. Sinon, ma mémoire... J'ai eu la chance de pouvoir découvrir quelques uns de ces soldats d'argile qui ont été exposés un peu partout dans le monde et notamment en Europe(*). Voir les photographies in situ doit être particulièrement impressionnant.
(*) En 2013 une reconstitution était proposée à Bruxelles - voir article de Bruxelles secrète ICI. Ce n'est pas cette expo que j'ai vu, mais des statues isolées qui ont circulé en Europe dans les années quatre vingt dix.
(*) Les archéologues travaillent toujours sur le site, vaste et non totalement fouillé, notamment à reconstituer les statues brisées,

Accroupi devant un fouillis de nouvelles trouvailles, Yang Jingyi dégage à la brosse les dernières traces de boue avant le début de la restauration. À mesure que les fouilles se rapprochent du tumulus funéraire central, les archéologues espèrent mettre au jour bien d’autres traits inhabituels de l’histoire de cette armée de terre cuite.
Des traces de pigmentation existent encore, conservées surtout dans l'argile, et ils tentent de retrouver les couleurs de la laque qui les recouvrait.
Quelques repères chronologiques :
Ur : XXVIe siècle av. J.-C., tombes découvertes dans les années 1920
Mausolée de l'empereur Qin : IIIe siècle avant notre ère découvert en 1974
Le site a été ouvert au public à l'occasion de la fête nationale chinoise en 1972
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