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La Comtesse de Die - Comtessa de Dia

  • fardoise07
  • 23 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 mars

Lorsqu'on pense aux femmes troubadours, c'est le nom de Beatritz de Die qui vient à la mémoire en premier. Et pourtant nous savons peu de choses d'elle. Sa vida est succincte :

"La Comtesse de Die épousa Guillaume de Poitiers ; elle était belle et bonne, devint amoureuse du seigneur Raimbaut d'Orange, et fit à son sujet maintes bonnes poésies" (1)

elle est connue sous les divers noms de :

  • Coumtesso de Dio (occitan (après 1500); provençal)

  • Comtesse de Die (français)

  • Béatrice de Die (français)

  • Beatriz de Dia

  • Beatritz de Dia

  • Beatrix de Dia

  • Comtessa de Dia - Beatriu de Dia



Son buste élevé à Die en 1888 , par la République reconnaissante et les Félibres dont Maurice Faure était le porte parole. Il est du à Jeanne Royannez


Sa biographie la fait vivre au XIIe siècle (vers 1140-après 1175) et dit qu'elle aurait épousé Guillaume de Poitiers, 

S’agirait-il  de Guillaume Ier de Poitiers († ap. 1187), devenu comte de Valentinois par son mariage avec Béatrix d'Albon  ? -  Si oui, elle n'aurait été Comtesse de Die ni par son père, ni par son mari. Seul son fils Aymar est devenu comte de Die en 1186.

Aurait-elle été la fille du comte Isoard de Die comme le suggère le blog "Médias Citoyens Diois" ?

 Jean de Nostredame dans ses "Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux" invente même deux Comtesses de Die, la mère, amante de Raimbaut d'Orange et la fille, amante de Guilhem Adémar. On ne trouve aucune trace de relations avec une Comtesse de Die dans la biographie de Guilhem Adémar. Et Raimbaut d'Orange était amoureux de Marie de Verfeuil et de la Comtesse d'Urgel, aucune mention n'est faite avec une Comtesse de Die. (3)

S'il ne reste que beaucoup de mystères autour de la trobairitz, si son prénom même est incertain, si les chansonniers qui la citaient ont aujourd'hui disparu, ne gardons d'elle que les poèmes qui nous sont parvenus, dont un avec sa musique.

S'il ne reste que beaucoup de mystères autour de la trobairitz, si son prénom même est incertain, si les chansonniers qui la citaient ont aujourd'hui pour la plupart disparu, ne gardons d'elle que les poèmes qui nous sont parvenus, dont un avec sa musique.

Je cite celui-ci, trouvé sur le site du CRDP de Toulouse, proposé dans une adaptation de Léon Cordes, et illustré par un manuscrit de la BNF (4)


En gran pena lo còr me dòl...(cançon)


Mon cœur souffre d'une grande peine

pour un amant que j'ai perdu.

Toujours il faut qu'on sache que je l'ai

contenté à en mourir et à le rendre fou.

Maintenant je suis trahie par lui.

Tant d'amour n'est pas assez d'amour

alors que je l'ai contenté nuit et jour

au lit et toute vêtue.


Mon amant, je voudrai

le tenir un soir dans mes bras nus

et qu'il en soit éperdu

De coussin mon corps lui servirait

Car, de lui je suis plus folle

Que ne l'était Blancaflor de Floris

je lui donne mon cœur et mon amour

mon esprit, mes yeux, ma vie.


Bel ami, prévenant et doux

dès que vous serez à mon pouvoir

et que nous serons couchés côte à côte

à portée de mon baiser amoureux,

de grande joie comblée

je vous considérerai comme mon mari

tant que vous n'aurez pas refusé

de faire tout ce qui me plaît.


 

(3) Traduction de Francesco Da Barberino  - Antoine Thomas Paris 1883

(4) BnF_ms._12473_fol._126v_-_La_comtesse_de_Die_(2).jpg ‎(312 × 416 pixels, file size: 53 KB, MIME type: image/jpeg) - Wikipedia

Et encore :

Pierre Bec, Chants d'amour des femmes-troubadours. París: Stock, 1995

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